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Actualités

Cette rubrique présente les derniers résultats de campagne

 

Grande vente aux enchères de la Terre !
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Paris, le 20 juin 2012 - Alors que s’ouvre ce mercredi 20 juin le Sommet officiel de Rio+20, des milliers de personnes défilent aujourd’hui dans les rues de Rio pour dénoncer la marchandisation accrue de la nature et du vivant promue par nos dirigeants, et par les lobbies d’entreprises. Répondant à l’appel du comité d’organisation du Sommet des Peuples, des mobilisations se déroulent dans le monde entier, notamment en France, à Paris, Bayonne, Lille, Limoges, etc.

Journée d’action mondiale du Sommet des Peuples de « Rio+20 »

Mercredi 20 juin 2012 - 12h00, place de la Bourse, Paris 2e
Pour voir les vidéos de l'action à Paris, cliquez ici .


De nombreuses organisations de la société civile française sont présentes au « Sommet alternatif des peuples pour la justice sociale et écologique, contre la marchandisation de la vie et pour la défense des biens communs » qui s'est ouvert le vendredi 15 juin et réunit des milliers de militants issus de mouvements sociaux et d'organisations du monde entier [1]. De Paris à Rio, nous dénonçons les fausses solutions de la conférence officielle à la crise structurelle du système productiviste capitaliste. Dans un contexte d'extrêmes inégalités et de politiques d'austérité dévastatrices, nous appelons à un changement profond de nos modes de production et de nos modes de vie, basés aujourd'hui sur la surconsommation et sur la surexploitation et la marchandisation de la nature, qui excluent du droit à vivre dignement une grande partie de l'Humanité, y compris dans nos pays.

Nous voulons des sociétés assurant la justice sociale et écologique, remplaçant la course effrénée à la croissance par le bien vivre et la sobriété, la création d'emplois décents, une agriculture paysanne garante de la souveraineté alimentaire... Les biens naturels, tels que l'eau, les sols, ou l'air, ne sont ni des marchandises ni des actifs financiers. Ce sont des biens communs !

 
Dans le cadre de la journée mondiale d'action, notre collectif d'associations [2] organise à Paris, mercredi 20 juin à 12h00, Place de la Bourse, dans le 2ème arrondissement, une grande vente aux enchères de la Terre et de ses biens communs. La transaction sera réalisée entre la Banque Mondiale, les multinationales et les banques, qui tenteront de gagner le précieux sésame leur permettant de faire un maximum de profits, le tout dans une ambiance très... Carnaval de Rio !

 
Contacts presse :
Caroline Prak (Les Amis de la Terre) : 06 86 41 53 43 / Eric Le Gall (ATTAC) : 01 56 06 43 63 - 06 03 53 22 33  / Sophie Nunziati (France libertés) 06 07 12 12 77 / Sophie Bordères (Agir pour l'Environnement) 01 40 31 34 48

 
A l'initiative de : Adéquations - Agir pour l'environnement - Aitec-Ipam - Artisans du monde - ATTAC France - Bizi! - Confédération paysanne  - CRID - Cultures croisées - Développement local et synergies - Emmaüs international - Forum pour d'autres indicateurs de richesse (FAIR) - Fondation Copernic - Fondation femmes africaines - Fondation sciences citoyennes - France libertés - Fédération syndicale unitaire - Les Amis de la Terre - Mémoire des luttes - Réseau féministe « ruptures » - Réseau "sortir du nucléaire" - Ritimo - Union syndicale Solidaires - Université Nomade - Vecam.


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[1] Plus de 600 activités et 3 plénières de convergence sont ainsi organisées du 15 au 23 juin, autour de 5 thématiques : (1) Justice sociale et environnementale, (2) Défense des biens communs contre la financiarisation de la nature, (3) Souveraineté alimentaire, (4) Énergies et industries extractives, (5) Travail et nouveaux paradigmes de l'économie.

[2] Ces organisations ont rédigé un texte de positionnement sur ces enjeux. Pour le lire, cliquez ici .
Elles ont déjà organisé le samedi 9 juin un après-midi débat autour des enjeux de Rio+20, qui a réuni plus de 200 personnes à Paris.

Sommet « Rio +20 » : La nature n'est pas à vendre !
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Paris, le 5 juin 2012 - A quelques jours de l’ouverture de la Conférence des Nations unies sur le développement durable à Rio (Brésil), Les Amis de la Terre France lancent une campagne pour dénoncer les dangers de la financiarisation de la nature. Ils décryptent dans une brochure « La nature n’est pas à vendre ! », les enjeux et impacts sociaux et environnementaux de « l’économie verte », qui entend multiplier les instruments et mécanismes de marché pour « gérer » la nature et le bien-être humain. Les Amis de la Terre organisent à cette occasion de nombreuses activités en France autour de Rio+20 et participeront au Sommet des Peuples à Rio, qui se tiendra en marge de la Conférence officielle des Nations unies, pour faire valoir les alternatives à cette mainmise de la finance et des multinationales sur la nature [1].

Spéculation sur les denrées alimentaires, sur l’énergie, création des marchés carbone et bientôt, de marchés incluant les forêts et des écosystèmes entiers [2] : les acteurs financiers s’infiltrent chaque jour un peu plus dans la sphère de la nature et du vivant, avec comme résultat une aggravation des crises écologique, climatique et sociale.

Car selon la logique financière, les « services » fournis gracieusement par la nature seraient insuffisamment reconnus, et il faudrait donc leur donner un prix. Un groupe de banques, associées au PNUE-Finance [3], lancent d’ailleurs à l’occasion de Rio+20 une « Déclaration sur le capital naturel » [4], qui traduit parfaitement leur vision de la nature comme un simple capital, et leur soutien aux mécanismes poussant à la financiarisation de la nature. Tout comme les acteurs financiers, les multinationales entendent se saisir des nouvelles opportunités de cette « finance verte », qui est un moyen de continuer leurs bonnes vieilles pratiques de rentabilité tout en affichant un prétendu comportement responsable.

Juliette Renaud, chargée de campagne sur la Finance privée aux Amis de la Terre France commente : « Nous ne voulons pas de cette "économie verte" qui ne fait qu’accroître les injustices sociales et la crise écologique. Elle constitue un puissant levier pour réduire davantage la responsabilité des entreprises qui vont pouvoir contourner les législations sociales et environnementales, et s’approprier des biens naturels au détriment des communautés locales ». En effet, notamment au travers des mécanismes de compensation, les entreprises peuvent continuer à polluer ou à détruire l’environnement sans remettre en cause leurs pratiques. Le bilan désastreux des marchés carbone en est d’ailleurs la preuve : ils ont permis aux banques et multinationales de faire des profits, tandis que la crise climatique a continué à s’aggraver. De plus, les projets mis en œuvre pour obtenir des crédits carbone ont conduit à des violations des droits des communautés locales, et à de nouveaux accaparements de terres et de biens naturels.

Juliette Renaud poursuit : « Il est impératif que les Nations unies et nos gouvernements résistent aux pressions de la finance et des entreprises et mettent un frein à cette financiarisation de la nature. La priorité doit être la reconnaissance des droits des communautés et la remise en cause de nos modes de vie insoutenables. Ces communautés ont su préserver leurs territoires et les biens naturels qui s’y trouvent depuis bien longtemps et doivent donc être les acteurs centraux de leur gestion et préservation. C’est à nos sociétés de changer de mode de développement, actuellement dans l’impasse, plutôt que d’en faire subir les conséquences aux autres en niant leurs droits fondamentaux ».

Avec la publication de « La nature n’est pas à vendre ! » [5] et leur participation au Sommet des Peuples à Rio, Les Amis de la Terre France entendent alerter les citoyens et les décideurs politiques sur l’écran de fumée qu’est l’économie verte, et les dangers que représente la financiarisation de la nature. Ils proposent aussi des alternatives et recommandations concrètes reposant notamment sur la gestion communautaire des biens naturels, le contrôle citoyen des grands choix de sociétés (modèle énergétique, grands projets d’infrastructure, …). Les Amis de la Terre demandent qu’aucun nouveau marché sur les biens naturels ne soit créé, et que les acteurs financiers soient exclus des marchés existants.

Contact presse :
Caroline Prak : 06 86 41 53 43 – 01 48 51 18 96 – caroline.prak@amisdelaterre.org
Juliette Renaud : 01 48 51 18 92 - juliette.renaud@amisdelaterre.org

Notes :
[1] Juliette Renaud représentera les Amis de la Terre France lors du Sommet des Peuples, et prendra part aux actions menées par la fédération internationale à Rio, du 14 au 27 juin 2012. Plus d’informations sur les activités organisées par Les Amis de la Terre en France et à Rio dans le document téléchargeable ci-dessous en français. Pour la version anglaise, cliquez ici. Pour la version espagnole, cliquez ici.

[2] Il est prévu d’inclure les forêts et même l’agriculture dans les marchés carbone au travers notamment du mécanisme REDD+. De même, il existe déjà des projets de compensation biodiversité, comme ceux mis en place en France par la Caisse des Dépôts et Consignations. Pour en savoir plus, cliquez ici.

[3] Branche du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, qui intègre des banques privées, et leur permet donc de faire passer leurs intérêts privés au travers d’une institution internationale qui est sensée défendre les intérêts publics.
Les Amis de la Terre International se mobilisent d’ailleurs à l’occasion de la Conférence des Nation Unies sur le développement durable à Rio pour dénoncer le poids des lobbies industriels dans les négociations. Ils lancent aujourd’hui une campagne contre la capture et le contrôle des Nations unies par les multinationales, avec une pétition adressée à Ban Ki-moon. De plus, un rapport des Amis de la Terre International sera publié à l’occasion d’un side-event organisé à Rio le 21 juin. Pour en savoir plus, cliquez ici.

[4] Pour en savoir plus, cliquez ici.

[5] Document téléchargeable ci-dessous. Cette brochure est publiée en partenariat avec l’Aitec et Attac. Elle sera disponible en anglais à partir de la semaine prochaine. Pour plus d’information sur cette campagne, cliquez ici.


Sommaire de « La nature n’est pas à vendre ! » :

Une économie verte qui aggrave la crise écologique
Les enjeux de Rio+20
L’économie absorbée par la finance
PNUE-Finance, multinationales, lobbying : Défendons l’indépendance de l’ONU !

La nature, dernière lubie des financiers
Intégrer la nature dans un marché, c’est prendre des risques inacceptables

Planète à vendre : la finance à l’assaut de nouveaux marchés
Marchés du carbone : droit dans le mur... mais on continue à foncer
Le carbone, nouvelle opportunité pour Monsanto
Les marchés de l’eau, violation d’un droit fondamental
En Camargue, la compensation biodiversité, nouvel alibi des bétonneurs
La compensation volontaire, une démarche complémentaire ou un sabotage des négociations ?

L’infiltration croissante de la finance dans les marchés de biens naturels existants

Yasuni : la promesse difficile de laisser le pétrole dans le sol
De la dette financière à la dette écologique

Les communautés prises en étau
General Motors au Brésil : le prix humain des 4x4 écologiques ?
Marchés financiers, crises et perte de pouvoir des États

Des biens naturels gérés par les communautés
Reconnaître les droits des peuples autochtones pour protéger les forêts

Construire des sociétés soutenables, alliant justice sociale et écologique
Une production décentralisée d’énergie propre, sous contrôle citoyen

Recommandations

Les Amis de la Terre interpellent BNP Paribas sur la spéculation alimentaire
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Bruxelles, Paris, le 23 mai 2012 – Après le Crédit Agricole et la Société Générale hier, les Amis de la Terre participent aujourd’hui à l’Assemblée générale des actionnaires de BNP Paribas, qu’ils interpellent sur son rôle dans la financiarisation croissante de la nature, et plus particulièrement dans la spéculation sur les denrées alimentaires. Les Amis de la Terre France et Europe, qui avaient épinglé cet acteur financier dans un rapport en janvier dernier, demandent à BNP Paribas de retirer du marché leurs produits dérivés sur les biens alimentaires, et plus largement d’arrêter de spéculer au détriment des peuples et de la nature.


Actualisation suite à la tenue de l’AG - voir ci-dessous.

D’autres banques européennes, comme la suédoise Nordea ou l’allemande Deutsche Bank, ont déjà annoncé renoncer à leurs produits dérivés sur des denrées alimentaires [1]. Compte tenu de la gravité de la crise alimentaire, et des preuves qui montrent que la spéculation sur ces denrées contribue à la faim dans le monde [2], BNP Paribas devrait en faire de même, en application du principe de précaution.

BNP Paribas est en effet un acteur majeur des marchés mondiaux agricoles et énergétiques, et propose de nombreux fonds et instruments liés aux matières premières. Juliette Renaud, des Amis de la Terre France, commente : « Cela fait partie d’une tendance générale à la financiarisation de la nature : les biens naturels sont vus par les banques comme un simple capital, et transformés en actifs financiers, au prix d’impacts énormes sur les peuples et l’environnement. Voilà ce qui se cache derrière les propositions d’économie verte qui seront discutées au Sommet de Rio à venir. Les Amis de la Terre demandent au contraire de mettre fin à la mainmise de la finance sur nos vies et sur la nature ».

Selon les données de la banque elle-même, à la fin 2011, elle avait plus de 700 millions d’euros d’exposition aux matières premières agricoles, c’est-à-dire liés au cours de ces denrées. S’il s’agit d’une petite fraction des actifs totaux de BNP Paribas, ce chiffre représente une quantité énorme et déstabilisante sur les marchés de denrées alimentaires, contribuant à la financiarisation et à la volatilité des prix de ces produits de première nécessité.

Les récentes hausses des prix alimentaires augmentent la famine et la malnutrition dans le monde : depuis 2010, 40 millions de personnes s’ajoutent au milliard qui en souffrait déjà. Alors que les prix élevés des aliments affectent les populations les plus vulnérables, les changements rapides de prix ont aussi un impact désastreux sur les petits producteurs. Le Secrétaire général des Nations unies a d’ailleurs appelé à lutter contre la volatilité de prix des denrées alimentaires. Depuis cinq ans, le rôle des acteurs financiers dans la spéculation sur ces marchés s’est développé, alimentant d’autant plus la volatilité.

Selon Rachel Tansey, des Amis de la Terre Europe, « L’avidité des banques ne doit pas passer avant la faim et la malnutrition des populations les plus pauvres. BNP Paribas se targue de contribuer à créer un système qui réponde mieux aux besoins des gens, en respectant l’environnement et l’équité sociale. Afin d’être à la hauteur de ses engagements, cette banque doit arrêter de proposer des produits financiers liés aux matières premières agricoles ».

La financiarisation de ces denrées alimentaires et des biens naturels en général résulte de la dérégulation des marchés financiers, des montants croissants de capitaux investis dans la spéculation sur les matières premières par les banques d’investissement, les hedge funds et autres investisseurs institutionnels. Elle est aussi due à la création de nouveaux instruments comme les fonds indiciels et les fonds négocié en bourse ("exchange-traded funds").

Les Amis de la Terre continueront à alerter les citoyens et interpeler les pouvoirs publics [3] et les banques sur ces enjeux peu connus. Début juin, une nouvelle campagne contre la financiarisation de la nature sera ainsi lancée en France à l’occasion du Sommet Rio +20.

Contact presse :
Caroline Prak : 01 48 51 18 96 / 06 86 41 53 43,
caroline.prak@amisdelaterre.org

Notes :
[1] Voir par exemple le Rapport annuel de Nordea sur l’Investissement et la Gouvernance Responsables, p. 21 :http://newsroom.nordea.com/en/blogp...
[2] Pour plus d’information, consulter le rapport des Amis de la Terre Europe "Récolter l’argent : comment les banques européennes et la finance privée profitent de la spéculation alimentaire et de l’accaparement des terres " : http://www.amisdelaterre.org/Nouvea...
[3] Voir la déclaration de la société civile sur la directive européenne MiFID, en avril 2012 : "La régulation financière par l’Union européenne doit réfréner la spéculation alimentaire" http://www.foeeurope.org/sites/defa...
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ACTUALISATION SUITE A L’ASSEMBLEE GENERALE DE BNP PARIBAS

En réponse à la question posée par les Amis de la Terre lors de l’Assemblée Générale des actionnaires de BNP Paribas, les responsables de cette banque ont répondu de façon ambiguë sur leur implication dans la spéculation alimentaire. Ils ont choisi délibérément d’ignorer le fait qu’ils commercialisent des produits financiers dont les impacts négatifs ont déjà été prouvés.

En réponse à un questionnaire des Amis de la Terre, BNP Paribas avait pourtant elle-même reconnu, il y a quelques mois, avoir par exemple 700 millions d’euros d’exposition aux matières premières agricoles au travers de produits tels que les fonds négociés en bourse (exchange traded funds) et les « produits dérivés de plusieurs indices de matières premières ». Ces sommes jouent un rôle énorme dans la spéculation alimentaire excessive et dangereuse, qui a des conséquences gravissimes pour les populations les plus vulnérables et les petits producteurs. Ces produits proposés aux clients de BNP Paribas sont très différents des activités traditionnelles de couverture des risques, comme les autorités de la banque ont voulu le faire croire dans leur réponse d’aujourd’hui.

La réponse de BNP Paribas occultait donc délibérément leur offre de produits nocifs, niant le fait qu’ils jouaient un rôle dans la croissance massive des positions spéculatives sur les marchés dérivés de matières premières agricoles, provoquant la volatilité et la hausse des prix de ces denrées alimentaires. Encore une fois, preuve a été faite aujourd’hui que BNP Paribas est loin d’être « la banque d’un monde qui change » comme elle le revendique.

 

Pour télécharger la note de synthèse sur BNP Paribas et la spéculation alimentaire, cliquez ici .

Les Amis de la Terre interpellent la Société Générale et le Crédit Agricole sur le charbon lors de leurs Assemblées générales
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Paris, le 22 mai 2012 - Les Assemblées générales (AG) des actionnaires du Crédit Agricole et de la Société Générale se tiennent aujourd’hui à Paris. Les Amis de la Terre prennent part à ces AG et saisissent cette occasion pour interpeller les dirigeants des banques et les actionnaires et rappeler à tous que les profits réalisés par ces banques se font au prix de coûts humains, environnementaux et climatiques toujours plus importants. L’association exige la fin des investissements controversés notamment dans le domaine du charbon, le plus climaticide.

Si le Crédit Agricole affiche une perte d’1,5 milliard pour l’exercice 2011, la Société Générale déclare de son côté 2,4 milliards de bénéfices. Mais pour les Amis de la Terre, qui suivent de près les activités de ces banques, le bilan est bien plus désastreux [1].

Présente lors des assemblées générales des deux banques, l’association s’y est rendue avec Bob Kincaid, président de l’ONG états-unienne Coal River Mountain Watch, qui a exigé des dirigeants des explications sur leurs investissement dans le « Mountain Top Removal » (MTR), un type d’exploitation minière à ciel ouvert détruisant aux explosifs jusqu’à 300 mètres du sommet des montagnes pour atteindre les veines de charbon qui se trouvent en dessous. Le Crédit Agricole et la Société Générale détiennent des millions d’euros d’actions et d’obligations dans des entreprises lourdement impliquées dans le MTR telles que Alpha Natural Ressources, Arch Coal ou Consol Energy.

Pour Bob Kincaid : « Les Appalaches sont en état de siège. L’une des plus belles chaînes de montagnes au monde est attaquée quotidiennement par plus de 3 000 tonnes d’explosifs utilisés par l’industrie du charbon pour faire sauter nos montages, répandre des pluies de poison sur nos communautés, rendre malade et tuer nos amis, nos voisins, nos familles. Par vos investissements, vous avez participé à la destruction de plus de 500 montagnes et à l’ensevelissement de plus de 3 200 kilomètres de cours d’eau de montagnes. »

La technique du Montain Top Removal est combattue depuis des années par de nombreuses ONG aux Etats-Unis et dans le monde Les multiples campagnes menées en direction du secteur bancaire par le réseau BankTrack, dont les Amis de la Terre France sont un membre actif, ont conduit certaines banques à adopter des politiques spécifiques en la matière. Le Crédit Suisse exclut ainsi de son portefeuille toutes les entreprises qui pratiquent le Mountain Top Removal. Mais à ce jour, aucune banque française n’a fait de pas dans ce sens !

Ce n’est pas la première fois que ces banques sont parties prenantes dans des projets hautement controversés. En effet, le Crédit Agricole et la Société Générale sont déjà impliqués dans les projets de centrales à charbon de Kusile et Medupi en Afrique du Sud. Cette dernière émettra 25 millions de tonnes de CO2 par an (ce qui équivaut à 5 % des émissions françaises annuelles) et a été conçue uniquement pour répondre aux besoins du secteur industriel, c’est à dire principalement aux compagnies minières étrangères tournées vers l’exportation. Elle a enfin valu le prix Pinocchio 2010 au Crédit Agricole.

« Même l’Agence internationale de l’énergie reconnaît que la situation est critique. », explique Ronack Monabay, chargé de campagne aux Amis de la Terre. « Elle déclare d’ailleurs qu’afin de respecter le scénario de 2 degrés relatif à la lutte contre le changement climatique, il est indispensable que toute nouvelle infrastructure énergétique soit neutre en carbone en 2017. Il est donc urgent d’en finir avec les investissements dans le charbon dès aujourd’hui comme nous le demandons aux banques ».

Yann Louvel, référent de la campagne sur la Responsabilité des acteurs financiers » aux Amis de la Terre conclut : « A l’heure où la Société Générale se targue d’avoir ’l’esprit d’équipe’ et où le Crédit Agricole proclame ’It’s time for green banking’, on ne peut qu’être frappé par le décalage entre le discours et la réalité puisque qu’elles font toutes les deux partie des 20 banques les plus climaticides au monde. Au lieu de systématiquement « verdir » leurs activités, les banques françaises devraient mettre en place un moratoire des financements de nouvelles centrales à charbon, et soutenir les opportunités d’amélioration de l’efficacité énergétique et renforcer le secteur des énergies renouvelables ».

IMPORTANT :
Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter Ronack Monabay, chargé de campagne sur les institutions financières internationales et présents aux deux Assemblées générales : 06 38 89 81 05.

Contact presse : Caroline Prak - 06 86 41 53 43 - 01 48 51 18 96

[1] Concernant les investissements controversés des banques, lire le rapport « Bankrolling Climate Change » qui présente les 20 banques les plus climaticides au monde : la BNP Paribas est 8e du classement avec 10,7 milliards d’euros accordés à l’industrie du charbon, le Crédit agricole est 14e avec 5,6 milliards d’euros et la Société générale est 18ème avec 4,7 milliards d’euros. Le rapport complet est disponible ici :

http://www.banktrack.org/download/b...




Photo d’une action menée par la Rainforest action network et Coal River Mountain Watch à Washington D. C. en mars 2007 pour protester contre les investissements de la banque Citi dans le charbon- (CC) http://www.flickr.com/photos/rainfo...


Terminal méthanier à Dunkerque : le Crédit Coopératif se met aux énergies fossiles ?
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Dunkerque, Lille et Paris, le 3 mai 2012 - Le 10 mai prochain, le Crédit Coopératif organise un forum autour du projet de terminal méthanier à Dunkerque, attitude incompréhensible de la part d’une banque reconnue pour ses engagements sociaux et environnementaux. Au vu des menaces sur la biodiversité, des risques technologiques majeurs, et parce qu’il retarde une transition énergétique nécessaire, les Amis de la Terre demandent au Crédit Coopératif de se retirer de toute promotion et/ou soutien de ce projet énergétique nocif.


Le Crédit Coopératif clôturera son Assemblée générale régionale du 10 mai prochain à Leffrinckoucke (Nord) par un forum intitulé « Le terminal méthanier : l’insertion et le développement durable dans ce nouveau défi économique » [1]. Ce forum vise à valoriser l’accompagnement social d’un projet industriel fortement décrié par les associations locales de défense de l’environnement, à cause de ses futurs impacts environnementaux et climatiques.

Nicolas Fournier, du groupe des Amis de la Terre Dunkerque, évoque une lutte de cinq années [2] et un projet dangereux et coûteux : « Nous n’avons eu de cesse de dénoncer ce projet de terminal gazier qui doit s’implanter dans une zone où cohabitent déjà 13 sites SEVESO, à 3,5 km à peine de Gravelines où se trouve la plus grosse centrale nucléaire d’Europe ».

Gérard Caby des Amis de la Terre Nord dénonce lui aussi ce projet fossile : « Le terminal méthanier vise à augmenter les capacités d’importation de gaz de la France à hauteur de 20 %, renforçant d’autant les consommations quand il faudrait les diminuer. Nous sommes dans une logique du toujours plus énergétique alors qu’il faudrait aller vers plus de sobriété. Ce projet d’exploitation des ressources fossiles va à l’encontre de l’indispensable transition énergétique, et tourne le dos à l’essor nécessaire des énergies renouvelables dont le Dunkerquois pourrait être un pôle de développement  ».

Le terminal méthanier causera aussi la perte d’un espace naturel remarquablement riche en biodiversité, par le passage et la nidification d’espèces protégées, et apprécié de la population.

Les Amis de la Terre s’inquiètent de l’attitude surprenante du Crédit coopératif, comme l’explique Juliette Renaud, chargée de campagne sur la Finance privée : « Le Crédit Coopératif est actuellement l’une des banques les mieux notées pour sa politique sociale et environnementale, et n’était jusqu’ici impliqué dans aucun projet controversé. Lors de la remise des prix Pinocchio 2012, Les Amis de la Terre devront-ils attribuer une mention spéciale au Crédit coopératif qui avait pourtant une politique louable ? » [3]

En 2011, dans le cadre de la campagne "A nous les banques !" des Amis de la Terre et Attac [4], le Crédit Coopératif avait assuré que « 97,5% de son portefeuille énergétique était consacré aux énergies renouvelables ».

Contact presse  :

Caroline Prak, Les Amis de la Terre - 01 48 51 18 96 / 06 86 41 53 43 - caroline.prak@amisdelaterre.org

Notes :

[1] Voir l’invitation à ce forum en cliquant ici.

[2] Les Amis de la Terre Dunkerque militent depuis de nombreuses années contre ce terminal gazier. Un court article daté d’octobre 2010 et publié dans La Baleine, présente cette mobilisation :
http://www.amisdelaterre.org/Un-projet-inutile-couteux-et.html
http://www.amisdelaterre.org/De-Dunkerque-a-Grenelle.html

[3] Les Amis de la Terre ont ont publié plusieurs classements des banques comparant les impacts environnementaux et sociaux liés à leurs activités. Un guide citoyen « Environnement : comment choisir ma banque ? » a été publié en 2007 puis en 2009, suivi d’un site www.financeresponsable.org

[4] Pour en savoir plus sur la campagne « A nous les banques ! », cliquez ici.